L’Algérie entre mensonges et tromperies

bouteflika-malade_15474801Pendant la révolution américaine, le président des États Unis Thomas Jefferson écrivait dans une lettre envoyée au Colonel Smith qui travaillait secrètement sous ses ordres: “Un mensonge impudent, soutenu avec persévérance, a de merveilleux effets”. Gérer les affaires de l’État et maîtriser l’art du mensonge vont toujours de pair. C’est dire il vaut mieux éviter de mentir et, a fortiori, de faire de la politique si l’on ne maîtrise pas cet art. D’ailleurs,  la 10e Dan de cet art est de réaliser la maxime selon laquelle: “Il n’y a point d’homme qui débite et répande un mensonge avec autant de grâce que celui qui le croit”. Malheureusement, malgré sa persévérance, Abdelaziz Bouteflika ne sera jamais retenu par l’Histoire au même rang que Thomas Jefferson, car il a perdu toute grâce aux yeux du peuple. Sa crédibilité a été ébranlée de jour en jour par ses multiples tromperies jusqu’à en perdre définitivement la face. Mais Bouteflika n’est que la partie visible d’un système qui, aujourd’hui, s’écroule sous le poids de ses propres tricheries.

La façon avec laquelle le retour de Bouteflika a été gérée par les ‘autorités’ relève plusieurs interrogations. Bien sur, on se pose des questions sur l’authenticité des images que l’on a montrées dans les chaînes de télévisions publiques et ‘privées’, mais aussi des questions sur la clarté du contexte dans lequel le président est retourné au pays. Tout le monde sait que ces mêmes ‘autorités’ essaient depuis longtemps de mener le peuple en bateau. Seulement aujourd’hui, l’objectif  est de faire croire au peuple que son président est tout à fait capable de gérer les affaires du pays. La preuve tout le monde l’a vu aux Invalides comment il était très à l’aise à tenir sa tasse de café sans qu’il y est une seule goutte de versée sur son peignoir majestueux. Ensuite, tout le monde a été rassuré de voir son excellence descendre de son jet tout en maintenant une verticalité impeccable. Bien entendu toutes ces mises en scène grossières et embarrassantes sont destinées pour la consommation locale, car toutes les chancelleries du monde savent parfaitement bien beaucoup plus que n’importe qui d’autre l’état de santé et de notre président et du pays.

Mais Bouteflika n’est pas à son premier rôle théâtrale. Dès sa nomination présidentielle en 99, il a su négocier avec les militaires un taux de réussite au scrutin qui lui assurait plus tard un mandat confortable. Il n’a jamais cru aux bienfaits d’une vraie démocratie sauf comme subterfuge pour calmer les inquiétudes de l’opinion international et berner un peuple toujours dans l’expectative.  Cependant, une issue satisfaisante à un referendum ne peut pas toujours être garanti à cause des querelles dans les coulisses du pouvoir. Sur ce, la présidence n’a pas hésité à faire un tour de prestidigitation constitutionnelle pour extorquer au peuple un 3e mandat.  Là, le voile de la déception est tombé sur un régime dans toute sa laideur. La relation peuple-État est passée à autre niveau complètement différent. D’un coté, un peuple trahi et désarmé affichant “Faqou“, et de l’autre coté, un régime acculé devant sa propre traîtrise et ne cachant plus son attitude de “Dezzou m3ahoum“. D’ailleurs, les résultats des élections législatives du 10 Mai 2012 le montrent bien; d’abords Bouteflika qui lance avec malice un “tab djnana” trompeur, ensuite un scrutin dont les résultats ressemblent beaucoup plus à un bras d’honneur aux abstentionnistes comme à ceux qui ont voté avec bonne foi. La rupture est complète.

Il n’est plus surprenant de voir Bouteflika éviter, depuis presque deux ans, de faire face à ses foules et leur faire ses discours enflammés, car ni lui ni le peuple ne croient plus à ses multiples rodomontades. Sa destinée le rattrape, et il ne lui reste plus que négocier une sortie qui puisse lui sauver la face. Que faire sinon une dernière forfaiture: mettre son corps et âme dans les mains bienveillantes d’institutions françaises pour se soigner d’une maladie qui reste un secret d’État français.

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2 thoughts on “L’Algérie entre mensonges et tromperies

  1. بوتفليقة غامض، ولا أعتقد الكثير يفهم طريقة تفكيره أو إيديولوجيته، فلا تجد له كتابات تشرح فلسفته ولا حتى مقابلات صريحة قد تفصح عن توجهاته.
    لكن لابد علينا إدراك أن الرئيس الجزائري دوما في صراع مع أطراف أخرى (الجيش، عصابات المال، المصالح الفرنسية والخارجية …) فهو لا يملك زمام الأمور حتى يحاسب بعدل، كما أن الجزائر لم تحض يوما برئيس منتخب بنزاهة.
    هناك الكثير مما نجهل ، ولكن كنت آمل أنه سيكون شجاعا في النهاية ويتخذ قرارات قد تنسي البعض من أخطائه لكن يبدو أن مكانه في التاريخ سيكون مع المنسيين بعيدًا عن مكان جفرسون ومن حفظفهم التاريخ.

    p.s: Congratulations on the blog and keep the good work 🙂

    • Thanks Blip for the nice comment. I agree with you Bouteflika is not the only player, but he should do good or step down. What upsets me more is that he’s a man with guts, but unfortunately not to make the right decisions.

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